Analyses de comportements

Un requin gueule ouverte face à un plongeur

 

Analyses de comportements

L’abaissement des nageoires pectorales: attitude d’intimidation envers l’homme?

Ce comportement se caractérise l’abaissement des nageoires pectorales, la cambrure du dos et un mouvement natatoire exagéré.
Il est supposé représenter une attitude d’intimidation du requin envers l’homme. Un avertissement avant morsure.
Cette interprétation est erronée.

Un comportement est déclenché par un besoin, un stimulus ou toute autre situation qui demande une action. Si l’animal est réexposé à ce même type de stimulus, il n’aura plus besoin de réapprendre une nouvelle réponse, car celle-ci sera “prête à l’usage” dans son registre comportemental.

Ce comportement spécifique est appelé attitude d’intimidation ou comportement agonistique, et est notamment connu chez le requin le requin dagsit (Carcharhinus amblyrhynchos). Cependant, ce comportement apparaît également chez d’autres requins qui n’ont jamais eu de contact avec l’homme. Elle ne peut donc pas traduire un comportement spécifique envers l’homme.
Les requins peuvent abaisser leurs nageoires pectorales et se cabrer dans plusieurs cas.

L’abaissement des nageoires pectorales est une technique qu’utilise le requin pour se mouvoir dans des espaces exigus (entre des plongeurs), lorsqu’il est ralenti et qu’il désire accélérer pour fuir. Un requin qui se sent acculé, qui sent que les limites de son cercle intérieur (seuil de tolérance) sont atteintes, adoptera de telles postures. L’abaissement des nageoires pectorales génère également une nage plus saccadée, moins harmonieuse.

À proximité de l’homme, les requins peuvent également adopter un schéma de nage similaire à un 8. Cette nage a également été qualifiée de comportement agonistique.  Le requin, mis mal à l’aise par la présence des plongeurs, effectue des aller-retour (qui ressemblent à un 8) pour évaluer ses issues de secours avant de fuir. Ici aussi, le requin, ralenti, adoptera une posture cambrée avec les nageoires pectorales abaissées.

L’abaissement des nageoires pectorales et la cambrure peuvent également être déclenchés par la présence des rémoras sur des zones sensibles ou hydrodynamiques du corps du requin. Dans ce cas, le squale tentera de les déloger en se contorsionnant ce qui est souvent interprété comme un comportement agonistique. Ces postures peuvent parfois s’accompagner de mouvements rapides et intenses tout le long du corps requin.

Plutôt qu’un comportement d’avertissement spécifique du requin envers l’homme, l’attitude d’intimidation, est une réponse de l’animal à une situation de stress ou d’inconfort physique.

 

 

 

Se maintenir à la verticale face à un requin: un concept Sharkschool

Notre première recommandation est d’adopter une position verticale.

Pourquoi ?

Nous avons publié la première étude sur le sujet en 2012 (lire l’étude). À l’époque, nous disposions de deux indices sur le sujet de l’influence de la position du corps sur la réponse des requins :

L’étude “Predatory behavior of the white shark (Carcharodon carcharias), with notes on its biology” (Tricas & McCosker, 1984) prétendait que les surfeurs et les nageurs étaient plus exposés aux accidents de requins parce qu’ils ressemblaient à une de leurs proies (tortue ou otarie). Mais l’étude se limitait à émettre de timides hypothèses avec beaucoup de conditionnels et sans aucune preuve scientifique.

Nos études en accidentologie des requins nous avaient permis d’identifier des anecdotes selon lesquelles le fait de se positionner à la verticale avait un effet dissuasif sur les requins. Ces idées restaient également dans le domaine de l’hypothèse puisqu’elles n’avaient jamais été prouvées de façon scientifique.

Nous avons donc décidé d’investiguer le sujet et avons lancé l’étude sur les requins-bouledogue.

 

Maintenir une position verticale face à requin, un concept Sharkschool

Les résultats ont été probants. Nous avons prouvé que:

– les requins maintiennent une distance sensiblement plus grande d’un sujet positionné à la verticale
– cette distance n’est pas affectée par une habituation du requin au plongeur/nageur en fonction du temps passé dans l’eau
– cette même distance diminue sensiblement si le sujet se positionne à l’horizontale.

Existe-t-il une explication? Il est très rare de trouver, dans l’environnement marin, des êtres  vivants, de la taille d’un homme, dans une position verticale. Il est probable qu’un “objet” inconnu, dans une position inhabituelle, augmente la prudence des requins qui préfèrent garder leur distance face à quelque chose qu’ils n’ont jamais rencontré.

 

 

Télécharger l’étude