Recherche sur les attaques de requins

 Accidents avec les requins

L’interaction homme-requin comprend, par définition, ce que l’on appelle communément, mais à tort, les “attaques de requins”.

Les accidents avec les requins et leurs causes constituent un des piliers de notre recherche. Nous sommes le seul centre de recherche à recréer les situations qui peuvent mener aux morsures et à en analyser les causes

 

Il n’existe pas de requins dangereux mais des situations dangereuses. Ces situations sont toujours créées par l’homme de façon consciente, inconsciente ou par l’activité de tièrces personnes.

La probabilité réelle de se faire mordre par un requin est plus que surfaite. Chaque année, des milliards de nageurs, baigneurs, surfeurs, snorqueleurs, apnéistes et plongeurs… fréquentent les eaux du monde entier. Cependant, moins de 100 personnes sont blessées par les requins. En sachant que le requin est le prédateur de plus de 50 kg le plus répandu sur la planète, ce chiffre frise l’insignifiance statistique. Ce nombre peut encore être réduit quand l’on sait que 20 à 30% des rencontres ne causent aucune blessure comme dans le cas d’un bump par exemple. Un autre pourcentage (assez important) des incidents se solde par des blessures superficielles. Sur lla trentaine de morsures annuelles graves, seules 5 à 7 sont mortelles. Malgré cela, la peur de se faire mordre par un requin reste tellement vive, que la majorité des gens n’envisage même pas de mieux connaître les squales afin de mieux les connaître.

Recherche sur le terrain

 Jusqu’au début des années 90, la recherche se limitait principalement à la collecte de données et au classement des incidents. Les recommandations publiées manquaient de tests sur le terrain et ne reflétaient que les opinions des responsables de ces dossiers. Les personnes qui étudiaient les requins n’avaient en général aucune notion de ce qu’est l’interaction homme-requin. Il n’est dès lors pas surprenant que de très nombreuses hypothèses sur la cause des morsures se soient révélées erronées. La recherche financée par le gouvernement américain a commencé en 1958 lorsque le ‘Shark Attack Panel’ (groupe d’études sur les attaques de requins) fut créé. Fondé par la US NAVY, on donna comme tâche à ce panel de scientifiques de quantifier et de qualifier les morsures de requins, d’en chercher les motivations et de donner des recommandations sur la façon de les prévenir. De manière générale, le groupe d’études se montra peu compétent et échoua à offrir des directives pertinentes sur les façons d’éviter les accidents ou les raisons de leurs causes. L’une des lacunes concernant les recommandations étaitle manque de recherche sur le terrain: le panel ne comptait pas de comportementalistes des requins, ne connaissait pas les principes d’interactions homme-requin, et surtout, n’avait pas d’expérience avec ces animaux — ce qui est une condition préalable et indispensable pour comprendre leur comportement.

Reconstruction des accidents et analyse des morsures

Analyse du diamètre d'une machoîre de requin lors d'une expertise.La reconstitution d’un accident de requin et de la morsure possible qui ne découle, se concentrent sur les facteurs déterminants que sont l’espèce impliquée, la taille de l’animal et la motivation possible de l’animal à ce moment précis.

Notre expertise en accidentologie des requins s’étend à l’analyse des morsures et des blessures. Nous collaborons avec le GSAF Global Shark Attack File en tant qu’investigateurs. Cela signifie que nous nous rendons sur les lieux des accidents pour procéder à l’analyse des causes (constellation de facteurs) qui peuvent expliquer le comment et le pourquoi l’accident s’est produit. Cela implique, entre autres, le recensement des témoignages de la victime et des personnes qui ont assisté à l’accident (badauds, sauveteurs, ambulanciers, médecins, officiers de police…), l’investigation des lieux de l’accident, des conditions environnementales et l’analyse de la blessure de la victime ou du matériel, comme une planche de surf par exemple . Cette dernière nous permet notamment de confirmer les motivations de la morsure, l’espèce impliquée et d’estimer la taille du requin. A ce propos, nous proposons le séminaire spécial “Morsures”, dédié à l’examen des typologies de morsures, l’analyse des blessures et de leurs causes. 

La morphologie de la blessure, la forme de la morsure, les points d’entrée des dents, leurs tailles et leur profondeur de la blessure sont autant d’indices objectifs qui font “parler” les blessures.

 

Nous aidons là ou les autres ne le peuvent car nous l’avons vécu!

Le traumatisme d’une morsure de requin n’est pas seulement physique. Il laisse également de traces au niveau psychologique. C’est pourquoi nous avons créé SAVN (Shark Accident Victim Network), une ASBL dont l’objectif est d’expliquer, aux victimes qui le souhaitent, les raisons de l’accident et d’essayer réduire l’impact des traumatismes psychologiques qui peuvent en découler. Nous aidons également les victimes à surmonter leur stress en les mettant en contact avec d’autres personnes qui, n’importe où dans le monde, ont vécu un accident similaire. Elles peuvent en discuter entre elles sur base des informations que nous leur avons fournies afin de continuer leur travail de résiliance.

 

 

Analyse d'un morsure superficielle de grand requin blanc sur une palme.
Analyse d’un morsure superficielle de grand requin blanc sur une palme.

 

Notre laboratoire d'analyse des morsures. Nous collectionnons les machoîres des espèces qui peuvent potentiellement être impliquées dans des accidents.
Notre laboratoire d’analyse des morsures. Nous collectionnons les machoîres des espèces qui peuvent potentiellement être impliquées dans des accidents.

                                    

 

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