Le stress comme motivateur de morsure chez le requin

Le stress comme motivateur de morsure chez le requin

Interaction entre un plongeur et un longimanus en mer rouge. Le stress peut conduire le requin à mordre. © Sharkschool.

La semaine passée je vous expliquais comment la curiosité pouvait conduire un requin à mordre et effectuer ce que nous appelons une morsure d’investigation.

Cette semaine je vous propose de continuer et d’analyser deux autres déclencheurs, le stress et la provocation.

Comme tout animal sauvage, les requins peuvent facilement stresser en présence de l’homme. Mis à part une légère modification de la coloration de leur peau ou une nage plus saccadée, leur stress n’est pas aisément identifiable par l’homme. Ce dernier n’est donc pas souvent conscient d’avoir créé une situation stressante ou d’être en train d’en créer une.

Les blessures liées au stress sont plus sérieuses que celles occasionnées par la curiosité et, dans ce cas, la victime aura plus de difficultés à se dégager. (cf. “Qu’est-ce qui pousse les requins à mordre?”).

Un requin stressé ne poursuivra pas une personne qu’il vient de mordre à condition que cette dernière observe les règles de base pour quitter cette situation (cf. “Quitter une situation potentiellement dangereuse avec un requin: comment procéder?“). Un retrait incontrôlé risque par contre de stresser davantage le requin ou de réduire ses échappatoires et pourrait occasionner une seconde morsure.

Toutes les morsures de stress répondent à une certaine forme de provocation, parmi celles-ci, le harcèlement en est le principal déclencheur.

Une situation calme à la base peut devenir si stressante pour l’animal que la morsure sera sa seule réponse possible. La morsure défensive reste toujours le dernier recours pour un requin, qui tentera toujours et avant tout de fuir une situation stressante.

Un plongeur qui frappe un requin avec son appareil photo, qui lui tire la queue (cas typique du requin-nourrice qui se repose) ou qui l’appâte avec de la nourriture sans la lui donner, sont autant d’exemples de provocations classiques.

Malheureusement, l’activité de nombreux opérateurs ou de plongeurs irresponsables se traduit par une augmentation de ce type de morsures.

 

Jean-Marc Rodelet
© Sharkschool Europe