Morsures de requins - Quelles espèces sont réellement impliquées?

Morsures de requins - Quelles espèces sont réellement impliquées?

“Attaques” de requins: quelles espèces sont réellement impliquées? – © Pinterest

La plupart du temps, les articles sur les “attaques” de requins n’hésitent pas à désigner d’emblée l’espèce “responsable”.

Cette information est-elle exacte?

Force est de constater que, dans leur précipitation, les médias ont tendance à accuser une espèce dont l’identification n’a pu être déterminée avec certitude.

A côté des espèces que l’on cite le plus fréquemment, (le grand requin blanc, le requin tigre, le requin bouledogue ou le requin bordé), d’autres requins, moins connus ou auxquels on pense moins, sont capables d’infliger des blessures très ressemblantes.

Le type de blessures occasionnées par certaines carcharhinidés, par exemple, sont tellement similaires qu’il est parfois complexe, même pour les experts, de confirmer l’identité de l’espèce impliquée. C’est pourquoi les affirmations des témoins ou de la victime elle-même quant à l’espèce supposée sont toujours à prendre avec beaucoup de précaution.

Seule une analyse approfondie de la blessure permet de distinguer le type de requin en question et, dans certains cas, la certitude n’est pas permise. C’est le cas notamment pour le trio requin bordé, requin soyeux et requin tisserand. Ces trois espèces sont responsables du plus grand nombre de morsures le long des côtes de Floride (Volusia County est considéré comme la capitale mondiale des morsures de requins).

La taille de leurs mâchoires et leurs formules dentaires sont tellement similaires que les blessures qu’ils peuvent infliger sont presque identiques.

La taille annoncée de l’animal doit également être prise avec des pincettes. Les témoignages à ce sujet ne sont jamais fiables et concordent rarement entre eux. Seule l’analyse de la blessure, lorsque la blessure le permet, peut donner des indications à ce sujet.

Des statistiques dignes de ce nom doivent également rendre compte du lieu de l’accident, de la gravité de la blessure si blessure il y a (25% des accidents répertoriés n’occasionnent AUCUNE blessure) et des dommages occasionnés au matériel (planche de surf, jet ski, équipement de plongée etc.).

Indépendamment de l’identification des espèces impliquées, il est important de souligner que le nombre d’accidents par an diminue au niveau mondial et ce, même si l’on sait qu’il existe des cas non déclarés.

Lire également “Anatomie des attaques de requins” du 1er mars 2019.

 

Jean-Marc Rodelet
© Sharkschool Europe