Protection des requins

Un pêcheur coupe les ailerons d'un requin renard en Equateur

Protéger les requins

Nous manquons de temps pour protéger les requins et mettre fin à leur massacre insensé. Nous savons, et les recherches le prouvent, que certaines espèces de requins ont disparu à plus de 90% au cours de ces dernières années. Nous ne manquons donc plus de temps, il est déjà trop tard…

Si les requins étaient abondants dans les océans, c’est qu’il existe une raison: le maintien de l’équilibre. D’accord, tout équilibre dans la nature peut tolérer un dérèglement, mais d’environ 45%, pas de 90%.

L'extermination des requins est une des plus grosses bombes écologique de notre temps - Erich Ritter Sharkschool

Le massacre des requins est la plus grande bombe à retardement écologique de notre temps (Erich Ritter). Nous sommes incapables de comprendre à quel moment elle explosera et devinons à peine quelles en seront les conséquences réelles. Merci à Sea Shepherd France d’avoir repris notre affirmation dans une superbe affiche.

Notre société semble toujours trouver des problèmes plus urgents à résoudre que ceux liés à l’environnement. Si certains problèmes demandent qu’on y réponde rapidement, le plus souvent, il s’agit de questions secondaires, voire futiles, qui masquent les questions essentielles.

L’idée selon laquelle la nature n’est que ressource exploitable est encore beaucoup trop répandue. Lorsqu’une catastrophe quelconque arrive, on se rassure en se disant que les spécialistes trouveront la solution, répareront. Mais ces spécialistes sont souvent trop peu nombreux et manquent cruellement de moyens pour accomplir leur mission.

Alors que faire? Il est vrai que certaines organisations agissent et le font bien, mais leurs efforts sont insuffisants par rapport à l’ampleur des enjeux.

Si nous voulons changer le cours des choses, nous devons agir au niveau international avec une puissance beaucoup plus forte que les actions “consenties” aujourd’hui par les Nations Unies. Impossible? Lorsque les conséquences de nos inactions commenceront à se faire sentir, c’est nous que nous devrons blâmer après avoir délégué notre responsabilité individuelle aux autres.

L’environnement est un bien dont nous sommes tous responsables. Si certaines personnes peuvent guider, conseiller, informer, il nous appartient à tous d’agir pour sa sauvegarde.

“Personne ne commet une faute plus grande que celui qui ne fait rien parce qu’il ne peut pas faire beaucoup.”Edmund Burke

 

Chaque année, les ailerons de 73 millions de requins qui sont commercialisés.

C’est le chiffre offciel:  73 millions de requins sont massacrés par an, uniquement pour leurs ailerons.

Ce chiffre provient d’une étude réalisée en 2006 par le docteur Shelley C. Clarke et ses collègues. Cette étude a a analysé les chiffres officiels du transit d’ailerons de requins par Honk Kong, plaque tournante mondiale des ailerons et des produits dérivés des requins. Les chiffres sont vertigineux: cette année là, 10 millions de tonnes d’ailerons ont été vendus et exportés principalement vers la Chine. Les calculs permettent de déduire que ces 10 millions de tonnes d’ailerons équivalent à 73 millions de requins.

On suspecte que les quantités marchandées “au noir” sont équivalentes aux le marche légale ce qui permet d’extrapoler et dire que le nombre de requins tués par ans pour leurs ailerons se situe entre 100 et 150 millions. Les ailerons de requins servent à préparer la soupe aux ailerons, plât encore très prisé et répandu en Chine. Il est important de savoir que l’aileron est constitué de cartilage et qu’il n’a aucun goût. Ce n’est que l’assaisonnement au boullon de poulet ou de boeuf qui lui donne du goût. Voyez plutôt la préparation de cette soupe filmée par Sea Shepherd:

 

 

Que pouvons-nous faire pour protéger les requins?

Seule une poignée d’espèces de requins sont listées dans l’Annexe II de la CITES: le requin-baleine, le grand requin blanc, le requin-pèlerin, certains requins marteaux, le requin-taupe commun et tout récemment le requin soyeux et les trois membres de la famille des requins-renard.

Les espèces qui se retrouvent dans cette classification pourraient être menacées d’extinction si leur commerce n’était pas étroitement réglementé. Certes, cette protection prolongera l’existence de ces espèces, mais cela n’améliorera pas le sort général des requins, qui comptent plus de 500 espèces.

On estime qu’entre 30 et 40 espèces animales et végétales disparaissent chaque jour – sans effet visible sur l’environnement. La question suivante se pose alors: avec les financements qui diminuent, est-il justifié de protéger des espèces rares ou menacées, ou vaut-il mieux protéger la stabilité générale des océans en investissant dans la protection des espèces encore abondantes et par conséquent contribuer à la bonne santé des différents écosystèmes?

Lorsque l’on considère le temps, l’argent et l’énergie nécessaires à faire accepter une seule espèce par les États membres de la CITES, l’on peut se demander si le succès pour cette espèce compte vraiment dans le grand ordre des choses. Du point de vue de la biodiversité, c’est important, mais d’un point de vue écologique ou économique, ça l’est beaucoup moins. Dans une époque où les campagnes mondiales se battent pour un environnement plus propre, le fait de conserver ces espèces abondantes devrait être primordial.

Ce sont ces espèces qui ont un effet à long terme sur l’équilibre et la stabilité de la nature. Bien que chaque espèce vaille la peine d’être protégée, l’argent et les efforts devront malheureusement se concentrer sur les animaux dont la survie a un effet d’équilibre sur la nature, au cas où les fonds viendraient à manquer.

Programmes de protection des requins

Shark Research Institute: http://www.sharks.org/

Sea Shepherd Conservation Society: http://www.seashepherd.fr/

Stopsharkfinning: http://www.stopsharkfinning.net/

Sharksavers: http://www.sharksavers.org/en/home/

Sharknights (Les chevaliers des requins): http://www.sharknights.org/

 

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